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Juillet 2021

Cistude d’Europe : suivi des sites d’hivernage

Depuis 2019, la SHNA-OFAB réalise une étude sur le succès de reproduction et les sites d’hivernage d’une population de Cistude d’Europe, d’un site Natura 2000 animé par le CEN Bourgogne. Principe, méthodologie, résultats et perspectives : retour, dans les grandes lignes, sur l’étude qui vient de s’achever mais qui aura des applications futures !

Un suivi basé sur deux approches

La méthodologie de cette étude comprend :

  • la recherche génétique qui consiste à faire des prélèvements sanguins pour connaitre la sous-espèce présente dans l’Etang du Rousset, évaluer le taux de consanguinité et étudier l’impact de la structure paysagère sur la dynamique des populations
  • le Radio-pistage qui permet de localiser précisément les individus à l’aide d’un récepteur, d’une antenne et d’un signal émis par un émetteur porté par les animaux. Cette méthode sert à identifier les sites de ponte et d’hivernage (voir les actualités précédentes sur ce sujet, ici et ).

Prise de sang sur un mâle Cistude d'Europe © D. MAGNINCistude d'Europe équipée d'un émetteur © D. MAGNIN
Des données de ponte et d’hivernage plutôt encourageantes

L’analyse génétique montre que cette population appartient à la lignée phylogéographique II (E. orbicularis orbicularis) couramment observée en Bourgogne. De plus, une diversité allélique faible mais non négligeable au vue de la taille de la population est maintenue et partagée avec les autres populations du site Nature 2000.

Concernant l’activité de ponte, le suivi de deux femelles de la population a permis de localiser 4 pontes en 2020 (situées à moins de 10 mètres de l’eau) et d’identifier deux pics de ponte: du 18 au 25 mai 2020 et du 15 au 19 juin 2020. Bonne nouvelle : au moins 15 cistudeaux sont nés et ont quitté leurs nids lors de la saison de reproduction 2020-2021. Ce site semble donc fonctionnel !

Le suivi des sites d’hivernation a révélé que tous les individus équipés se sont regroupés au niveau de la queue d’étang, dans une zone assez restreinte. Cette zone, de 0,23 hectares, est composée d’une aulnaie/saulaie marécageuse assez fermée et bordée au nord par une roselière de Phragmites australis. Les tortues affectionnent particulièrement cette zone en hiver au regard de ces habitats et de l’épaisseur de vase qui s’y accumule.

Site d'hivernage © SHNA-OFAB
L’avenir de la Cistude dépend de la gestion de l’étang

La Cistude d’Europe étant une espèce qui utilise aussi bien les milieux aquatiques que terrestres, sa conservation passe par la protection de ces deux types de milieux.

À l’issue de cette étude et concernant la gestion du site, la SHNA-OFAB préconise, entre autres, de :

  • conserver les habitats favorables aquatiques, de pontes, d’hivernage, les corridors de déplacements, les zones refuges et de quiétude, en limitant ou en excluant tout type de fréquentation humaine dans ces zones,
  • limiter les activités humaines sur la partie de l’étang ouverte au public,
  • ne pas autoriser la navigation, l’utilisation de drone, les activités nautiques et aéronautiques au niveau de l’étang du Rousset,
  • appliquer des méthodes et des plannings de fauche raisonnées (tondeuse, débrousailleuse à fil, pas de gyrobroyeur),
  • limiter ou interdire l’accès du site de ponte aux véhicules,
  • recréer au moins un site de ponte,
  • lancer une réflexion sur la possibilité d’engager un plan de renforcement de cette petite population de Cistude d’Europe,

Il serait aussi tout à fait pertinent de réaliser des soirées de sensibilisation à proximité de l’étang pour informer la population locale.

Des données de ponte et d’hivernage plutôt encourageantes